Il gèle à pierre fendre ce soir de janvier à Paris, lorsque j’arrive au pied de l’immeuble où vit Emma. Située dans le VIIIe arrondissement, la majestueuse bâtisse à la façade surmontée d’une arche en pierre de taille semble figée par le froid, un léger givre brillant sur la fonte forgée des balustrades. Après avoir traversé en quelques pas l’entrée pavée qui mène à la cour intérieure, je m’engouffre dans la large cage d’escalier, à la rampe cuivrée et aux murs vêtus de Moleanos. Une fois parvenu au 2ᵉ étage et alors que le bruit des pas de mon arrivée est étouffé par un épais tapis rouge au sol, je frappe à la lourde porte de bois sombre de l’appartement de la jeune femme. Pas de réponse. Après une minute d’attente, je lui envoie un texto :
— Je suis sur le palier.
Sa réponse est immédiate. Elle m’écrit de patienter encore quelques instants. Je les emploie à contempler le travail de l’architecte de l’immeuble, jusqu’à ce que la belle mette fin à mon attente et m’ouvre. Elle m’adresse un sourire navré, en chuchotant :
— Désolée, j’étais en train de coucher le petit, entre.
Emma m’a appelé peu de temps après le départ de son mari, en déplacement professionnel à Miami pour assister à la foire internationale d’art contemporain. Elle semble fatiguée ce soir. Ses longs cheveux noirs de jais sont un peu décoiffés, des cernes se dessinent sous ses beaux yeux marrons. Alors que nos lèvres se joignent, je glisse une main dans son dos et appuie mon baiser tout en la serrant contre moi. Elle me transmet sa chaleur et frémit à mon contact, sa peau rafraîchie par mon long manteau en gabardine, encore froid. Ses cheveux exhalent un envoûtant parfum qui enchante mes narines. La douce finit par rompre notre baiser et, un sourire aux lèvres, me fait entrer chez elle en me prenant par la main. Sitôt après avoir refermé la porte, elle me propose :
— Assieds-toi dans le canapé, je reviens. Sers-toi quelque chose à boire si tu veux en attendant.
Puis me laissant seul dans l’immense salon richement décoré, la jeune mère s’éloigne d’un pas rapide vers la chambre où dort le bébé. Je la dévore du regard. Elle est aussi grande que moi, la peau bronzée. La maternité lui a donné des formes dont je raffole et a encore accru son tour de poitrine pourtant déjà généreux. Le galbe de ses fesses que je scrute, alors qu’elle disparaît dans un couloir, est à se damner. Contraint d’interrompre ma contemplation, et dans l’attente de son retour, je me dirige vers le bar, évaluant mes préférences parmi le vaste choix offert, avant de finir par opter pour un verre de whisky Blanton’s Single Barrel The Chronicle.
Confortablement installé dans le large canapé en cuir au centre de la pièce, je déguste ce bourbon complexe et puissant, concentré sur l’analyse de ses différents arômes quand, quelques minutes plus tard, mon amie réapparaît enfin. Pendant qu’elle s’approche, je fixe le balancement de ses seins plantureux, lesquels transparaissent sous un haut en mousseline légère. Court, le vêtement laisse également entrevoir l’excitante peau mate de son joli ventre, ceint d’une chaîne de taille en or ornée d’un diamant. La jeune femme est sensuelle à l’extrême dans cette tenue savamment décontractée. À sa vue, j’ai soudain très chaud et lui tends la main pour l’inviter à me rejoindre, assoiffé de sa présence. Elle s’assied bientôt, m’étreint tout en posant la tête sur mon épaule, dans un geste d’une grande intimité. Alors que je tente de maîtriser mon trouble, je lui murmure :
— T’as l’air crevée.
— Oui, longue journée… Le gamin m’a épuisée, et toi ?
— Sans histoire, j’avais hâte de te voir. Tu veux boire quelque chose ?
— Il reste du vin blanc au frigo.
— Ne bouge pas, je vais te servir.
En habitué des lieux, je me dirige alors vers la cuisine, où après avoir ouvert le large réfrigérateur américain, je me saisis d’une bouteille de chardonnay déjà ouverte, un bourgogne Hautes-Côtes de nuits d’Anne Gros, d’un millésime récent. J’attrape aussi dans le buffet tout proche un élégant verre à vin, au cristallin ciselé, très fin, que je remplis généreusement. Le précieux liquide jaune paille chaloupe, dessinant de larges larmes translucides sur les parois, alors que je repars vers le salon.
De retour dans la pièce principale, je repasse devant Bouteilles dans l’atelier, l’imposant tableau abstrait, tout en longueur, de Nicolas de Staël, suspendu au mur faisant face au canapé. Je me rassieds à côté d’Emma et nous trinquons. Rejetant ses cheveux derrière son épaule, elle est, comme à son habitude, divine, à croquer. Elle m’interroge :
— Tu bois quoi ?
— Un whisky. Tu en veux ?
— Je peux juste sentir ? Ah non c’est trop fort… déclare-t-elle, en fronçant son adorable petit nez. Parle-moi de toi.
Pendant que je lui résume ma vie de ces dernières semaines, elle se ragaillardit, reprend des couleurs en sirotant son verre. Un léger trouble prend place dans ses yeux fatigués. Nous sommes proches, je hume son odeur, profite de la chaleur de son corps. L’objet de mes désirs s’appuie sur mon buste, se blottit contre moi. Sa présence, son parfum et l’alcool commencent à m’enfiévrer. Je la taquine sur le legging qu’elle porte.
— Oui, bon, t’aimes pas, mais c’est très pratique.
— Je n’en doute pas, il te va très bien.
— Il fait chaud non ?
Ses joues se sont colorées sous les effets conjugués de la boisson et de ma proximité. À l’affût, je profite de ce qu’elle a baissé son verre pour l’embrasser. Le vin a rafraîchi ses élégantes lèvres ourlées. Je m’introduis dans sa bouche, redécouvre sa saveur. Ma compagne répond au baiser avec force et nos langues avides l’une de l’autre dansent un moment. Interrompant notre étreinte, j’éloigne ma tête puis pose mon pouce sur ses lèvres entrouvertes. Elle écarquille les yeux, intriguée, intéressée. Je lui ordonne presque en grondant :
— Tu vas te mettre à mes genoux et me sucer.
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